Revue de littérature #8

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Décret Numérique responsable et collectivités

Le décret relatif à l'élaboration d'une stratégie Numérique Responsable par les collectivités de plus de 50.000 habitants a été publié le 29 juillet 2022.

Ce décret a pour objet de préciser le contenu et les modalités d'élaboration de la stratégie numérique responsable mentionnant notamment les objectifs de réduction de l'empreinte environnementale du numérique et les mesures mises en place pour les atteindre.

Podcast The Big Shift, épisode 26 - Comprendre et réduire l'impact du numérique

Comprendre et réduire l’impact du numérique avec Vincent Courboulay, Directeur Scientifique de l'Institut du Numérique Responsable pour l'épisode 26 du podcast THE BIG SHIFT.

Les sujets abordés : 

  • La part du numérique dans la suractivité mondiale
  • Les ordres de grandeur des impacts : hardware, software, particuliers, entreprises
  • Le principe de numérique responsable
  • Les différents enjeux écologiques, de formation et d’éducation
  • L’utopie de décentralisation du web3 qui centralise seulement autour de puissances différentes
  • La complexité de limiter les impacts négatifs des JO de Paris 2024.

Des patrons appellent à une "sobriété salariale" alors que l’État envisage de déplafonner les salaires dans le public

L’État envisage de modifier la réglementation sur les salaires des entreprises publiques pour rendre le poste de dirigeant d'EDF plus attractif. Une décision incompréhensible pour les patrons Jean Moreau et Eva Sadoun, coprésidents du mouvement Impact France, qui estiment que l’intérêt général devrait primer pour "piloter ce chantier exceptionnel de la transition énergétique".

Les entrepreneurs engagés militent ainsi pour la création d’un "salaire maximal de décence". 

La rémunération maximale dans le public est fixée à 450 000 euros par an mais elle ne serait pas assez attractive pour prendre la tête d’EDF, bientôt détenue à 100 % par l'État. Comme le gouvernement veut nommer le remplaçant de Jean-Bernard Lévy dès la rentrée, il serait prêt à changer la loi, selon Les Échos.

Mais une telle décision fait polémique. Le plafonnement du salaire des dirigeants d’entreprises publiques est un "acquis essentiel, une boussole salutaire en temps de crise, qu’il serait incompréhensible de remettre en question aujourd’hui", estiment Eva Sadoun et Jean Moreau dans une tribune publiée dans le Monde.

"L’État manquerait de candidats pour piloter ce chantier exceptionnel que sont la transition énergétique de notre pays et sa capacité à s’adapter à un monde aux ressources finies, si la rémunération de ce poste majeur ne pouvait pas dépasser vingt-cinq fois le smic par mois", interrogent ironiquement les deux entrepreneurs.

"Il nous paraîtrait incompréhensible qu’une telle décision soit prise si rapidement, sans réflexion sur une nouvelle méthodologie de recrutement, plus ouverte, plus rigoureuse, plus transparente pour trouver des candidats compétents, industriels exceptionnels, mettant l’intérêt général plus haut que leur intérêt particulier", soutiennent ainsi les responsables.

"Nous posons la question de la sobriété salariale, spécialement à l’heure où la période de crise énergétique et écologique nécessite davantage de partager les efforts", ajoute Eva Sadoun qui milite pour une meilleure répartition de la richesse.

"La nécessaire sobriété salariale devrait s’appliquer surtout dans les entreprises publiques, mais aussi dans toutes celles qui s’engagent dans une dynamique de sobriété".

Article rédigé par Mathilde GOLLA et publié le 19/08/2022
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La tribune du Monde 

La Hollande soumise aux pénuries découvre que les DC de Microsoft ont consommé 84 millions de litres d’eau potable

Article rédigé par : Yves Grandmontagne Rédacteur en chef de Datacenter Magazine.
Publié le 19 août 2022.

Alors qu’elle a subi des pénuries d’eau sur son territoire, la Hollande découvre avec stupeur que les datacenters Middenmeer de Microsoft ont consommé 84 millions de litres d’eau potable en 2021, soit 4 à 7 fois plus que les engagements pris.

Microsoft et la municipalité de Hollands-Kroon, aux Pays-Bas, s’étaient engagés pour le site Middenmeer, où l’éditeur gère plusieurs datacenters, à ne consommer qu’entre 12 et 20 millions de litres d’eau potable par an.

L’enquête a révélé que les chiffres ajustés de consommation d’eau par Microsoft publiés par la municipalité indiquent que Microsoft a utilisé 75 millions de litres pour refroidir ses datacenters et 9 millions de litres pour d’autres usages.

Google possède également des installations importantes dans la province de Noord-Holland…

Entre les nouvelles installations de datacenters et le climat de cette saison estivale, les chiffres de la consommation d’eau dans les datacenters bataves risquent fort d’être nettement plus élevés en 2022, voire dans les années à venir.

Le gouvernemental hollandais a révélé que les 28 datacenters de Wieringermeer, où sont situés ceux de Microsoft et de Google, ont utilisé 550 millions de litres d’eau potable, soit 0,5 % de l’approvisionnement total en eau potable de la région, qui était de 112 milliards de litres.

Comment la Région bruxelloise s'engage pour un secteur numérique responsable

Dans un récent article de La Libre, Olivier Vergeynst, directeur de l’Institut Belge du Numérique Responsable (INR), disait que « Le numérique ‘durable’n’existe pas », estimant, en prenant l’exemple d’un smartphone, que son recyclage était encore beaucoup trop limité.

Le Directeur de l’INR préfère donc parler de « numérique responsable ».

Dans le cadre de la Shifting Economy, la stratégie de transition économique bruxelloise, nous avons aussi choisi cet angle de travail.

Le numérique responsable doit être :

🕵 Éthique : par exemple en portant des projets respectueux des droits humains et, en particulier, du droit au respect de la vie privée, notamment en n’impliquant pas de traçage des usager·e·s.

⚖ Démocratique : c’est-à-dire qui permet de se réapproprier les outils numériques, notamment via le mouvement du libre (open source, open data, open access).

🤝 Coopératif : on parle ici du mouvement des plateformes numériques qui s’inscrivent dans l’économie collaborative, c’est-à-dire qui poursuivent une finalité sociale et adoptent une gouvernance démocratique.

👨 🦽 Inclusif : qui doit être accessible à toutes et tous, qui lutte contre la fracture numérique.

🐪 Sobre. Ici, il faut contextualiser un peu plus… Les chiffres sont édifiants : l’industrie numérique mondiale consomme tant d’eau, de matériaux et d’énergie que son empreinte représente trois fois celle d’un pays comme la France ou le Royaume-Uni. Les technologies digitales mobilisent aujourd’hui 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de dioxyde de carbone (CO2), soit un peu moins du double du secteur civil aérien mondial. 

Par sobriété numérique, il faut donc comprendre :

La sobriété des ressources nécessaires pour les équipements informatiques : cela vise l’éco-conception, la réparation et la réutilisation, le remanufacturing, le recyclage ;

La sobriété d’usage : pousser à moins d’usage inutile ou à un meilleur usage ;

La sobriété énergétique des appareils, serveurs, data-centers et des applications qui fonctionnent en permanence et génèrent des sollicitations inutiles du réseau, mais aussi des sites web, des logiciels et outils numériques, de façon à diminuer leur empreinte environnementale sans diminuer leur performance.

⚡ Pour y parvenir, la Shifting Economy met en place plusieurs mesures :

Évaluer l’impact de la digitalisation des entreprises et les orienter dans le numérique responsable Conditionner nos aides économiques, notamment de digitalisation, à des critères de numériques responsable
Soutenir des projets d’accompagnement à la digitalisation qui intègrent le numérique responsable Soutenir des projets du numérique à impact et responsable, via divers Appels à projets spécifiques

📱 C’est un défi important pour Bruxelles parce que le secteur du numérique y représente 8 % du PIB. Faire comme si les nouvelles technologies allaient régler ce problème de soi-même ne me paraît pas être une option actuellement.

Article de Barbara Trachte Secrétaire d'État à la Transition Économique du Gouvernement bruxellois & Ministre-Présidente de la CoCoF
Publié le 9 août 2022
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