Revue de littérature #35

Épisode 76 de Techologie : Collectivisons et convivialisons Internet

"L'internet, à ses débuts, espace de liberté a laissé place aux services proposés par les méga entreprises, les GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Ces services gratuits reposent sur de la publicité et la monétisation des données utilisateurs. Face au capitalisme de surveillance, la résistance s'organise. Des ilots émergent proposant un autre numérique, un autre moyen de voir l'Internet et ses outils, en mettant au coeur de leur raison d'être, les enjeux sociaux et écologiques. 

C'est le cas notamment de Framasoft. Pour parler de ces sujets : Angie Gaudion, Chargée de relations publiques et Pierre-Yves Gosset, Délégué Général de l'association Framasoft."

Le sommaire : 

  • Que peut-on dire sur Framasoft ?
  • Nouvelle feuille de route sur 3 ans
  • Quels liens entre émancipation numérique et enjeux environnementaux ?
  • Low-technicisation
  • Où en est-on de la dégooglisation d'internet ?
  • Qui devrait financer et maintenir les outils, comme Framadate ?
  • Collectif Chatons
  • Où en est-on du déploiement de Mobilizon ?
  • Alternative libre à Linkedin ?
  • Frama.space
  • Archipélisation d'initiatives, de quoi il s'agit ?
  • Contre l'alternumérisme de Julia Lainae, Nicolas Alep
  • Comment aider ou contribuer à Framasoft ?
  • Quelles perspectives pour un numérique en conscience des enjeux sociaux et environnementaux ?

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Transcription 

[Note de débat] Les structures de l'ESS pourraient-elles se saisir des services d'intérêt général (SIEG)?

Cette note a été rédigée dans le cadre d’un exercice pédagogique de l’Executive master “Stratégie, territoires et projets innovants dans l’Économie Sociale et Solidaire”, Bloc 3 : “Certificat ESS et territoire”, Promotion 2021-2023 de Sciences Po Bordeaux en partenariat avec le CNAM.

"Après-guerre, l’Etat français s’était doté de possibilités d’intervention quasi illimitées sur le champ économique et social. La construction néo-libérale européenne a impacté directement ce fonctionnement en réduisant ses capacités d’actions légales et financières.

Au sortir de la pandémie et au cœur d’une crise énergétique, le besoin d’Etat au service de l’intérêt général reste pourtant prégnant. La notion de Services d’Intérêt Economique Général (SIEG) issue du Traité de Rome en 1957 a survécu aux orientations néo-libérales et apparait même confortée dans les traités de l’Union Européenne (UE) en vigueur.

Leur mise en œuvre éparpillée et leur complexité administrative ont nui à leur appropriation par les opérateurs en charge de missions d’intérêt général en France. Pour autant, des pratiques récentes et novatrices de SIEG semblent en faire le support juridique d’un nouveau mode de création et de réalisation de missions de service public."

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Capacités publiques : renforcer la résilience des administrations

Comment renforcer la résilience des administrations, dans une période de crises récurrentes - sinon permanentes ? C'était l'objet du programme "Capacités publiques" de La 27e Région, dont le récit et les livrables sont disponibles. Ce programme est né de l'observation des transformations publiques au début de la crise Covid.

En 2020, La 27e Région, les agences Vraiment Vraiment et Partie Prenante et un groupe de collectivités territoriales partenaires, avec l’appui de la Délégation Interministérielle de la Transformation Publique (DITP), ont mené une enquête collaborative sur les transformations publiques par temps de crise, Réflexes Publics. En effet, la crise sanitaire a produit une mise en tension des administrations publiques, confrontées à la nécessité d’assurer la continuité des services publics dans un contexte inédit, comme elle a constitué un “formidable” accélérateur d’innovations organisationnelles.

Les constats révélés par cette enquête ont permis de tirer des grandes orientations et des pistes prospectives prenant leur source dans ces innovations spontanées. Ces pistes sont autant de leviers d'action pour que la transformation publique puisse utilement révéler et renforcer la capacité des personnes, des organisations et des territoires à réagir, rebondir, réduire l'impact des crises, mais aussi pour pérenniser ces innovations quand elles ont permis d'améliorer les conditions de travail et la qualité du service public, dans une logique directement inspirée de l'innovation ouverte.

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Design notes on the 2023 Wikipedia redesign

Retour d'expérience très complet et passionnant sur la refonte design et ergonomique de Wikipédia d'Alex Hollender. Au cours des 5 dernières années, il a travaillé en tant que designer UX dans l'équipe Readers Web de la Wikimedia Foundation. L'équipe Readers Web est responsable de l'expérience de lecture sur le Web et de la maintenance de l'ensemble du site Web mobile. En 2019, ils ont commencé à travailler sur une série d'améliorations du site Web qui a été lancé en janvier dernier. Vous trouverez ces notes sur le projet et le processus.

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Plus de 300 économistes et chercheurs ont signé l’appel « Pour un nouveau contrat social et écologique »

Alternatives économiques - Article publié le 24 mars 

Vendredi 24 mars, 140 économistes, dont Michaël Zemmour, Dominique Méda, Philippe Askenazy ou André Orléan, ont appelé à ne pas promulguer la loi sur les retraites et à ouvrir des assises nationales du travail et de l’emploi en vue de la transition écologique. Trois jours plus tard, leur nombre a doublé.

"Monsieur le président de la République, la fracture sociale et démocratique est à son comble et ce à propos d’une réforme des retraites qu’aucune urgence économique n’impose. Nous savons, comme vous, qu’il faut équilibrer, période après période, les comptes de la protection sociale et qu’il existe plusieurs moyens d’y parvenir. Ils ont tous des avantages et des défauts. Cela suppose de soupeser collectivement les uns et les autres dans un processus ouvert de discussion, qui prenne en compte non pas seulement la dimension comptable mais aussi les dimensions écologiques, sociales, économiques des mesures possibles.

Ce n’est pas « simple » et c’est un espace où les possibles sont ouverts – tou-te-s les économistes s’accordent sur ce point. Ouvrir des discussions est donc aujourd’hui indispensable. Indispensable pour apaiser le corps social et renouer les fils, ténus, de la démocratie sociale. Indispensable pour redonner à la représentation démocratique citoyenne, issue des urnes, une capacité d’action – qui ne peut plus passer par des astuces constitutionnelles qui ne convainquent personne. Indispensable parce que les ennemis de la démocratie et du bien commun sont nombreux à l’extrême droite, et attendent leur heure en voyant ainsi se déliter ce à quoi nous tenons tou-te-s. Ouvrir des discussions ne serait pas une reculade mais une respiration nécessaire. Suspendre un texte qui met le feu aux poudres est un acte courageux et qui ne revient pas à nier les problèmes mais à les voir. 

Ouvrir des discussions serait une avancée si, comme il apparaît de plus en plus, les questions à débattre ne se cantonnaient plus à un « petit » point de vue comptable (petit au regard des autres questions – y compris économique et comptable – auxquelles nous sommes confronté-e-s) et embrassaient plus généralement la question du travail et de l’emploi à l’heure de l’anthropocène et de la nécessaire transition écologique. Travailler plus ? Travailler moins ? Travailler mieux ? Travailler autrement ? Repenser les protections sociales ? Repenser les formations ? Repenser la question de la répartition et de la redistribution, entre les salarié-e-s, d’une part, mais aussi entre les salarié-e-s et les actionnaires ? Les questions et défis sont très nombreux.

Nous, économistes et socioéconomistes, appelons à suspendre immédiatement le processus de promulgation du Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 et à ouvrir dans la foulée des Assises nationales du travail, de l’emploi en vue de la transition écologique organisées de manière paritaire avec toutes les parties prenantes qui permettront de refonder notre contrat social pour les années à venir.  "

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